Chapitre III.2

La première des actions de redressement initiée par le nouveau Président Directeur Général, après le limogeage de l’ancienne équipe, a été la mise en œuvre de la réduction des effectifs.

C’était au mois de Juin 1989 ; à l’image du cœur des Air africains, le ciel d’Abidjan où j’étais en poste, était bas, gris et triste. Il pleuvait ce jour là, et les agents d’Air Afrique venus pour prendre service, se sont vus priés par des vigiles postés devant les entrées du siège, d’attendre qu’ils consultent la liste des agents retenus par la nouvelle Direction. La mission des vigiles était de remettre leurs lettres de licenciement contenant un chèque pour leur solde de tout compte à tous ceux qui n’étaient pas retenus.

Alignés en rang d’oignon, sous le regard intrigué ou compatissant de passants et de badauds, les agents attendaient patiemment leur tour, pour accéder au point de décision, observant sans mot dire, les premiers licenciés qui cachaient mal leur désarroi avant de s’en aller, puis disparaître sans commentaire ou en psalmodiant on ne sait quoi, se demandant sans doute s’ils ne vivaient pas un cauchemar en plein jour.

Au total, tous lieux confondus, la réduction des effectifs de la Compagnie a concerné plus de 1600 agents, c‘est à dire le quadruple du nombre d’agents que Monsieur Ickonga devait licencier en… 1985.

Ce que monsieur Ickonga n’a pas pu faire, Monsieur Yves Rolland-Billecart l’a réussi sans coup férir. Il confiera plus tard, souhaiter ne plus avoir à connaître dans le futur, une épreuve aussi traumatisante y compris pour lui.

Le lendemain de la compression du personnel était d’une tristesse sans nom, pire qu’après un bombardement aérien où les « survivants » recherchaient leurs proches pour savoir s’ils étaient « morts » ou pas.

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