Chapitre II

Auxence Ickonga, troisième président d'Air AfriqueLe Conseil d’Administration de Cotonou choisit donc comme nouveau PDG Monsieur Auxence Ickonga, réputé bon gestionnaire, gestionnaire rigoureux (ayant fait ses preuves à la tête de Hydro Congo Société congolaise des hydrocarbures), réputé avoir « une main de fer dans un gant de velours ».

Ce même Conseil d’Administration nomma au poste de DGA (Directeur Général Adjoint), Monsieur Koudjolou Dogo Ministre du plan du TOGO. En la matière, s’il est possible qu’une Compagnie aérienne puisse s’accommoder d’un PDG n’ayant qu’une fonction honorifique, il est absolument vital que le Directeur Général Adjoint soit un vrai professionnel dans le domaine du transport aérien et qu’il maîtrise parfaitement les multiples facettes de cette activité extrêmement complexe.

Les espoirs

La quasi totalité du personnel salua l’arrivée de ce gestionnaire à poigne et espéra un réel décollage de la Compagnie, d’autant que le mandat confié au nouveau PDG, inspiré du plan de sauvetage de son prédécesseur, l’autorisait, entre autres, à procéder à une réduction d’effectifs de 400 agents sur des bases justes et équitables, et à « mettre au comptant les États débiteurs » lorsque ceux-ci dépasseraient le plafond de crédit qui leur serait autorisé.

Cet espoir collectif fut renforcé par les propos de Monsieur Auxence Ickonga lors de sa première sortie en Mauritanie, propos connus sous le nom de « déclaration de Nouakchott ».

Monsieur Théophile Komaclo, Inspecteur général eut les pires difficultés à expliquer qu’il n’était pas actionnaire dans des agences de voyages dont il avait suscité la création pas plus qu’un cadeau (tapis) reçu lors d’une de ses missions en Mauritanie du temps où il était Directeur commercial n’était nullement la contrepartie et la preuve de la corruption dont la rumeur l’accusait.

En substance, le PDG affirmait être venu pour redresser la Compagnie, la gérer avec rigueur dans la transparence, mettre fin au copinage qui en avait gangrené la gestion et démotivé le personnel. Il affirmait être venu pour mettre l’homme qu’il fallait à la place qu’il fallait et n’entendait céder à aucune pression d’où qu’elle vienne. Ces propos ont reçu un large écho en interne par messages et polycopies largement diffusés.

Tout le personnel de la Compagnie, en plus de le souhaiter, était persuadé que contrairement à son prédécesseur, Monsieur Auxence Ickonga saurait résister à la pression des États, qu’il ne ferait pas comme Monsieur Aoussou Koffi concernant la mise au comptant des États mauvais payeurs.

En effet, par le passé, un représentant, agissant conformément aux instructions du PDG Aoussou Koffi dûment mandaté par un précédent Conseil d’Administration, avait exigé le paiement au comptant de billets d’avion pour une délégation nationale devant se rendre aux Nations Unies. Ce crime de lèse majesté valut à ce représentant d’être déclaré « persona non grata » par cet État qui considéra cela comme une humiliation et exigea de la Direction générale qu’il soit muté, euphémisme pour dire expulsé, ce qui fut fait.

En conclusion, la consigne verbale qui émana du siège après cet incident, fut, qu’il fallait que les responsables dans les lieux fassent preuve de discernement dans l’application des instructions reçues… Les impayés des États continuèrent comme par le passé.

* Lieux : appellation usuelle des représentations de la compagnie

Le baptême du feu : La réduction des effectifs – Chapitre II.1

Leave a Reply

You can use these HTML tags

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>