Chapitre VII.8

Sir Harry accéléra (ou préparait-il sans doute) la fin de son mandat, à compter du jour où il recruta comme conseiller personnel avec rang de Directeur chargé de « l’Entité escale », monsieur Vassiriki Savané, cadre retraité de la fonction publique ivoirienne, dont on a toujours affirmé que c’était son ami personnel, et grâce à qui il devait son poste de DG à Air Afrique.

Plus que le recrutement de cet ami, c’est leur tentative commune d’anticiper sur toutes les décisions attendues ou suscitées par eux, notamment concernant le domaine du handling (assistance au sol des vols en escale), qui mettra le feu aux poudres.

En effet, le Comité des Ministres des 1er 2 et 3 avril 1996, avait confirmé la libéralisation du (handling), activité jusqu’alors confiée en exclusivité à Air Afrique. Cette décision privant Air Afrique de son activité la plus rentable, la Direction Générale, puis le personnel uni derrière les syndicats, ont demandé sans succès son report jusqu’à la privatisation effective de la Compagnie, estimant qu’il n’était pas judicieux de dépouiller la future mariée de ce qui pouvait encore constituer un de ses attraits.

Malgré le plaidoyer efficace des délégués du personnel, plaidoyer confirmant la demande très argumentée de la Direction générale au sujet des inconvénients que constituerait la libéralisation du handling, cette décision fut définitivement entérinée par le Comité des Ministres.

D’une part, tout le monde disait qu’il fallait « sauver Air Afrique », d’autre part, ceux- là mêmes qui le clamaient haut et fort, étaient pour certains, ceux qui fragilisaient la compagnie par les décisions qu’ils prenaient.

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