Chapitre II.1

Le baptême du feu : La réduction des effectifs

Dès sa prise de fonction, Monsieur Auxence Ickonga demanda, sans en préciser les critères, que soit dressée par activité, une liste de ceux que l’on a unanimement convenu, tout comme l’admirent les administrateurs, d’appeler « les bras cassés » en vue de leur licenciement.

La confection de cette liste a donné lieu à des règlements de compte et/ou des tentatives de règlement de compte d’une certaine hiérarchie en manque de reconnaissance. Par ailleurs, certains agents ayant su qu’ils étaient sur la fameuse liste, se sont livrés à des plaidoyers pro-domo au point de se faire passer pour des victimes expiatoires d’une hiérarchie incompétente et aux abois.

Une fois terminé le ‘’sale boulot’’ qu’était la confection de ces listes par les Directeurs, les administrateurs, lestés des recommandations de leurs États respectifs via les arguments de leurs cadres et conseillers, entrèrent dans la danse. Pour qui connaissait l’état d’esprit des administrateurs du moment, état d’esprit créé et fortement influencé et entretenu par l’intoxication de certains cadres, il s’agissait d’une mission quasi impossible. En effet, chacun des administrateurs avait sa propre idée sur la question.

Certains parmi eux, se comportaient comme de véritables hauts parleurs, ne faisant que s’approprier, pour les relayer avec un cachet officiel et régalien, les arguments développés par leurs cadres.

Tous étaient d’accord pour dire que la liste établie n’était ni juste, ni équitable. En effet :

– Était, juste et équitable selon certains administrateurs, une liste qui comporterait par État Membre, le même nombre d’agents à licencier. D’après les tenants de cette thèse, puisqu’il avait 10 États et 400 agents à dégager, point n’était besoin de sortir des cuisses de Jupiter pour en renvoyer 40 par État. C’était aussi simple !

Pour un administrateur, rejoint dans son plaidoyer par quelques autres, la question était plus complexe qu’elle n’y paraissait. Il disait en substance, avec des trémolos dans la voix : Mon État n’ayant en tout et pour tout que 175 agents sur les 4.500 que compte la Compagnie, Il est juste et équitable que ceux qui ont le plus gros des effectifs, soient ceux qui, par esprit de justice et de solidarité bien comprise, acceptent de payer la cure d’amaigrissement qui sauvera la Compagnie commune.

Vous n’y êtes pas du tout rétorquèrent les derniers intervenants de qui on pouvait retenir que la situation de la Compagnie vient de son surendettement, et le surendettement vient de ce que certains États ne payent pas leurs dettes. Alors Il est juste et équitable que la réduction des effectifs ne concerne exclusivement que les agents ressortissants des États débiteurs, et s’il le faut, au prorata de leurs dettes !

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