Chapitre VIII.8

La traque des ex/Directeurs pour délit d’opinion

À réception de cette correspondance, monsieur Erikson, sur les conseils « avisés » de ses juristes et Directeurs et aussi sur les injonctions de certaines autorités extérieures à la Compagnie, en particulier, à ce qu’on dit, le PCA monsieur Kabran Appia, mit tout en œuvre pour licencier les auteurs du document.

Alors qu’il avait reçu mandat pour auditer la gestion des Directeurs sur au moins 10 ans, monsieur Erickson, suivant en cela l’avis de ses sbires, entamait ce qui n’était ni plus ni moins qu’une audition pour délit d’opinion. C’est le lieu de rappeler qu’aucun ancien Directeur n’a été mis en cause pour sa gestion malgré les insinuations et/ou accusations faites autour de leur intégrité morale et professionnelle par plusieurs agents de la Compagnie, tous corps de métier confondus.

Tous les signataires de cette note ont reçu par courrier, une « convocation pour entretien préalable à une décision éventuelle de licenciement » ainsi libellée :

« AIR AFRIQUE »
1350 AVENUE OF THE AMERICAS. NEW YORK,
N.Y. 10019. (212) 541-7474

LE DIRECTEUR GENERAL

NEW YORK le 16 Juillet 2001

Monsieur Yacouba NDIAYE
S/C DKRUDRK p.i.
DAKAR – SENEGAL

Objet : Convocation à un entretien préalable
à une décision éventuelle de licenciement

Monsieur,

Vous êtes cosignataire d’une lettre collective, en date du 27 Avril 2001, dans laquelle, il est porté des jugements de valeur malveillants et discourtois sur ma gestion de la Société Multinationale AIR AFRIQUE depuis le 29 janvier 2001, date de ma nomination.

S’il est de votre droit d’user de votre liberté d’expression, cette liberté ne doit pas être exercée en violation de votre obligation de réserve découlant de votre qualité de Cadre Supérieur et au mépris des règles régissant nos rapports professionnels et hiérarchiques.

Je considère donc, comme vous le reconnaissez dans votre lettre, que votre comportement s’inscrit dans le but d’entraver mes actions à un moment crucial de la vie de la Compagnie.

Aussi, ces faits sont constitutifs d’une faute lourde professionnelle qui me conduisent à envisager la rupture de votre contrat de travail immédiate avec privation des indemnités de préavis et de licenciement.

Afin d’analyser la situation ainsi créée par vous, et avant toute décision, vous êtes invité à vous présenter :
Le Jeudi 19 juillet 2001, à 14H00 à la Direction pour le Sénégal, bureau du Directeur par intérim, pour un entretien préalable afin de vous entendre et de recueillir vos explications.

Conformément à la législation, nous vous rappelons que vous pouvez vous faire assister lors de cet entretien d’un délégué du personnel ou d’une personne de votre choix, appartenant obligatoirement au personnel du siège de la Compagnie.

Je vous prie de croire, Cher Monsieur, à l’assurance de ma considération distinguée.

JEFFREY H. ERICKSON

Alors que 10 parmi les cadres signataires de la lettre résidaient à Abidjan où ils auraient pu être auditionnés chacun à leur tour, maître Dédé Vianey Mboe le juriste de la compagnie n’y organisa aucune audition, préférant pour des raisons pécuniaires, se faire mettre en missions d’auditions.

En effet, pour améliorer ses fins de mois, notre éminent juriste maîtrisant parfaitement l’art du gain facile, savait que les missions lui rapportaient plus que son salaire mensuel. Les meilleures missions dites « missions juteuses », les déplacements touristiques du juriste selon l’expression des syndicats, étaient celles le conduisant à New York, Johannesburg ou Paris.

Pour chaque mission il percevait cash et en avance, des frais de mission dont le montant était proportionnel à la durée de la mission et au barème fixé pour chacun des lieux.

À la vérité, il est regrettable mais pas du tout surprenant, pour qui connaît l’individu concerné, que des cadres se soient avilis par opportunisme, au point de se transformer en défenseurs de causes indignes, uniquement par appât de gains faciles.

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