Chapitre VII.9

La démission

Pour Sir Harry, le conseil d’administration convoqué en session extraordinaire le 29 Janvier 1999 s’inscrivait dans un contexte très défavorable. D’une part, la grogne syndicale était à son paroxysme, et d’autre part, Sir Harry en avait été averti par un de ses fidèles, un groupe de hauts cadres entendait lors du conseil, exprimer publiquement sa défiance face à ses méthodes de management. Ces cadres se seraient répartis les rôles et leurs interventions viseraient à informer les Administrateurs de leur défiance vis-à-vis du Directeur Général. En amont de tout cela, Sir Harry était désabusé et presque résigné.

Juste avant le début des travaux, Sir Harry a demandé un « huis clos » car il avait une déclaration solennelle à faire aux Administrateurs. Tous, à l’exception des Administrateurs titulaires, même pas leurs suppléants, furent priés de quitter la salle. Moins d’une demi-heure plus tard, les administrateurs sortirent du « Huis Clos » et la nouvelle tomba : Sir Harry venait de démissionner de son poste.

Sir Harry démissionna le 29 Janvier 1999, (à rapprocher de la date du projet de création de l’entité escale). Le Conseil d’Administration se tenait à l’hôtel Ivoire, pas au « toit d’Abidjan » sis au 23ème étage comme au jour de sa présentation aux administrateurs, mais au rez-de-chaussée, dans une salle au nom prémonitoire de « coup de fusil ».

Sir Harry a donné comme argument décisif aux Administrateurs, qu’ayant subi un double pontage coronarien, il était obligé, sur recommandation de son médecin, de mettre fin à ses fonctions pour éviter une rechute. Il devait se ménager et se reposer.

Cette vérité, humainement compréhensible, en cachait peut être une autre moins avouable et plus mercantile dont je n’ai pu avoir la confirmation. En effet, plusieurs sources concordantes soutiennent que Sir Harry avait « négocié et verrouillé » un contrat lui garantissant une espèce de « golden parachute » en cas de départ de son poste avant terme.

Cette démission me remit en mémoire cette autre histoire : en novembre 1998, un cadre en poste à Abidjan, détaché d’Air France auprès d’Air Afrique, m’avait confié que cela se passerait ainsi, que Sir Harry évoquerait des problèmes de santé, mais partirait sans aucun doute avant le 1er Février 1999… et avait tout intérêt à le faire.

Puis ce cadre d’ajouter que pour préparer la suite, Air France serait déjà en train d’identifier des ’’cadres africains obéissants’’. Ces informations auxquelles je n’ai pas cru en son temps, il les détiendrait de Michel Olivier Mignard devenu « conseiller Afrique » du PDG d’Air France, après son départ d’Air Afrique.

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