Chapitre VII.8

La fin du mandat de Sir Harry Manifestation contre la cession du handling

Sir Harry accéléra (ou préparait-il sans doute) la fin de son mandat, à compter du jour où il recruta comme conseiller personnel avec rang de Directeur chargé de « l’Entité escale », monsieur Vassiriki Savané, cadre retraité de la fonction publique ivoirienne, dont on a toujours affirmé que c’était son ami personnel, et grâce à qui il devait son poste de DG à Air Afrique.

Plus que le recrutement de cet ami, c’est leur tentative commune d’anticiper sur toutes les décisions attendues ou suscitées par eux, notamment concernant le domaine du handling (assistance au sol des vols en escale), qui mettra le feu aux poudres.

En effet, le Comité des Ministres des 1er 2 et 3 avril 1996, avait confirmé la libéralisation du (handling), activité jusqu’alors confiée en exclusivité à Air Afrique. Cette décision privant Air Afrique de son activité la plus rentable, la Direction Générale, puis le personnel uni derrière les syndicats, ont demandé sans succès son report jusqu’à la privatisation effective de la Compagnie, estimant qu’il n’était pas judicieux de dépouiller la future mariée de ce qui pouvait encore constituer un de ses attraits.

Malgré le plaidoyer efficace des délégués du personnel, plaidoyer confirmant la demande très argumentée de la Direction générale au sujet des inconvénients que constituerait la libéralisation du handling, cette décision fut définitivement entérinée par le Comité des Ministres.

D’une part, tout le monde disait qu’il fallait « sauver Air Afrique », d’autre part, ceux- là mêmes qui le clamaient haut et fort, étaient pour certains, ceux qui fragilisaient la compagnie par les décisions qu’ils prenaient.

Sans aucun doute, ils étaient nombreux parmi les décideurs ceux qui se projetaient déjà comme futurs « patrons », actionnaires ou gestionnaires des sociétés de handling à créer dans leurs pays respectifs.

En effet, lors du Comité des Ministres du 08 octobre 1999 tenu à Abidjan, concernant le handling, les ministres avaient décidé, après exposé du DG et un large tour d’horizon, que la Direction Générale négocie avec chacun des États membres, des structures d’assistance au sol en partenariat avec des tiers.

À son arrivée à la tête de la Compagnie, Sir Harry avait tenté de faire reporter cette décision.

En dépit d’une position de façade irréprochable, courageuse et responsable à chaque Conseil d’Administration, Sir Harry et son conseiller, s’activaient en interne, malgré notre opposition déterminée ainsi que celle de certains Directeurs, à coup de notes de services, à créer leur « entité escale » (octobre 1998). Cette « entité escale » conçue en dépit du bon sens, était taillée sur mesure pour préparer le moment venu, une structure privée d’assistance au sol dont ils prendraient sans aucun doute le contrôle.

La découverte d’un projet de création de société privée d’assistance au sol à Abidjan, projet initié par monsieur Vassiriki Savané l’ami du DG, et ayant une parfaite symétrie avec les notes de service éditées en interne, a conduit le STRACONACI (Syndicat des Travailleurs de Compagnies Aériennes de Côte d’Ivoire) et les délégués du personnel navigant, à tenir une Assemblée Générale le 21 novembre 1998 pour dénoncer ce projet et ses auteurs.

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