Chapitre VI.5

L’estocade finale

Alors que les coups de boutoir de toutes origines se multipliaient, un Conseil d’Administration a été organisé les 1er, 2 et 3 Avril 1996 à Abidjan. Ce conseil a adopté les résolutions suivantes :

  • Primo : Écourter le mandat du PDG, selon des modalités à convenir entre les États membres et la France. Pendant cette période, les missions essentielles du PDG seraient le traitement de la dette et l’établissement, pour présentation devant l’instance idoine, du bilan de sa gestion.
  • Secundo : Scinder le poste de PDG en créant un poste de Président du Conseil d’Administration (PCA) et un poste de Directeur Général (DG) pour ne plus concentrer la totalité des pouvoirs entre les seules mains d’un Président Directeur Général qui assurait aussi la fonction de Président du Conseil d’Administration. Le Président en exercice du Comité des Ministres, dans les missions qui lui ont été confiées, devait en particulier superviser la sélection et faire procéder à l’installation de la nouvelle Direction.
  • Il était prévu un tertio qui n’a jamais été examiné par le Conseil d’Administration : Il s’agissait de « la mise en place d’un Comité Transitoire de Gestion, dont les Ministres de tutelle devaient confier la mise en œuvre au Président en exercice du Comité des Ministres ».

Un document déjà établi à cet effet, répartissait des postes à des personnes dont certaines étaient des cadres d’Air Afrique, qui côtoyaient tous les jours leur PDG, et qui, à notre connaissance, ne l’avaient pas informé de leur cooptation parallèle.

Tout était en place désormais pour le feu d’artifice final.

Les résultats de la compagnie continuaient de se dégrader et la grogne sociale ne faiblissait pas. La cohésion de l’équipe de Direction était au plus mal et le PDG ne savait plus, ni à quel saint se vouer, ni à qui se fier parmi ces collaborateurs.

L’urgence du départ de monsieur Yves Roland-Billecart s’imposait désormais de manière criante. Pour désigner son successeur, un sommet de chefs d’état fut convoqué à Abidjan du 10 au 11 novembre 1996.

Sur 10 chefs d’États et de gouvernements, seuls 6 étaient présents. Il s’est dit à cette occasion, que les absents : Mali, Burkina, Togo, Bénin, voulaient par ce geste, manifester leur mauvaise humeur quant à la manière dont la sélection du nouveau DG était gérée par les autorités ivoiriennes, en particulier par Madame Safiatou Ba Ndaw, président du comité des ministres des transports des pays membres. Après une demi-journée de huis clos, parmi les résolutions adoptées, la plus importante et la plus attendue, a été celle annonçant la fin du mandat du PDG Yves Roland-Billecart et son remplacement par Sir Harry Tirvengadum.

Le départ de Monsieur Roland-Billecart était devenu un défi à relever pour certains, une affaire de personne pour d’autres qui savouraient ainsi leur revanche ou leur vengeance.

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