Chapitre VI.1

La traque de « l’équipe Billecart » : l’alliance États – Syndicats

Billecart dehors !

Avant le départ pour Bangui, la Direction générale avait organisé, à sa demande, le 12 Février 1996, une séance de travail avec les délégués de l’ISTAA et examiné avec eux l’ensemble des points qui constituaient l’ordre du jour de cette rencontre.

En conclusion de la réunion, le procès verbal signé concernant le point 2 – relatif au « départ de son équipe », mentionnait :

Le PDG a indiqué : « Qu’en ce qui concerne l’équipe dirigeante, il avait annoncé à Cotonou son intention de procéder à son africanisation et que ceci se ferait dans des conditions permettant une transition sans heurts dans la Compagnie. Il a confirmé son intention de proposer au prochain Conseil d’Administration (28 Mars 1996), la nomination d’un Directeur Général et la suppression des postes de Directeurs Délégués. Le Directeur Général étant un mandataire social, sa nomination relève de par les statuts de la Compagnie, du Conseil d’Administration qui peut le choisir en son sein ou en dehors. Le PDG a confirmé sa volonté de procéder à des modifications significatives, dans le respect des textes, comme il l’a promis au Conseil d’Administration ».

À Bangui, cette disposition fut battue en brèche lorsque monsieur Yves Roland-Billecart, PDG mais fonctionnaire de culture,

acculé par le Président Ange Félix Patassé, prit l’engagement de mettre fin au contrat de tous les expatriés (sans en nuancer et préciser les modalités comme ci-avant).

Ma conviction personnelle est, et demeure qu’un grand commis de l’État aussi brillant soit-il, mais qui a servi uniquement la fonction publique, ne devient pas forcément un grand dirigeant dans le secteur privé.

Devant la tournure catastrophique imprévue du déroulement de cette rencontre, une fois à l’hôtel, les initiateurs diront que « le Président Patassé avait mal compris leur briefing et n’a pas conduit les débats comme cela était prévu. Il se serait engagé, selon leurs dires, à mettre les points sur les i, et enjoindre aux syndicalistes de laisser travailler la Direction Générale ». Le déplacement à Bangui fut sanctionné par la publication d’un document que l’on appela « Accords de Bangui ». Le mal était fait et de plus, ces déplacements impromptus et incongrus eurent le mérite d’irriter les Autorités Ivoiriennes, Présidence de la République et ministère du transport, qui étaient statutairement en charge des questions de la Compagnie.

2 comments to Chapitre VI.1

  • DD

    Vous avez parfaitement raison et c’est vraiment dommage que cela n’ait pas été fait.

    Ce que je pense, mais cela n’engage que moi, est, qu’au tout début, le PDG Fal et son DGA Cadéac d’Arbaud ont, sur ce sujet, manqué de vision et de prospective parce qu’à leur époque,la situation de RK était florissante et tous les États, très enthousiastes pour ce qui concernait Air Afrique premier employeur pendant longtemps dans plusieurs de ces États, y compris en Côte d’Ivoire. Demander l’ACCORD de SIEGE à cette époque aurait sans doute été accepté par l’administration ivoirienne.

    Ce n’est que sur le tard, quand la compagnie a connu ses difficultés, (deux chocs pétroliers, retrait du Gabon…) que les différents PDG, à commencer par monsieur Aoussou Koffi, ont repris le dossier de demande d’application de l’Accord Siège à la RCI.

    Malheureusement, la relance du dossier a coïncidé avec le début des difficultés économiques en Côte d’Ivoire.

    En plus de cesser le paiement annuel et en avance dans les caisses d’Air Afrique de son budget de transports gouvernementaux, les différentes administrations concernées par l’octroi de l’ ACCORD de SIÈGE voyaient d’un mauvais œil, la diminution des leurs recettes fiscales.

    D’autres Airafricains pourront sans doute apporter un peu plus d’éclairage pour la bonne compréhension de tous.

    Yacouba N’Diaye

  • Alain Truffaut

    Le paragraphe faisant le rapprochement entre un grand commis de l’état et une société privée me rappelle cette réflexion concernant une anomalie d’Air Afrique :
    Air Afrique était une société de droit public, régie par le traité de Yaoundé, mais elle a toujours été traitée par les états membres comme une société de droit privé, ne bénéficiant d’aucun avantage (taxes, impôts, TVA etc) lié au statut public. Elle aurait du être traitée comme l’ASECNA ou la BAD. Bien au contraire, elle a été la vache à lait…

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