Avant-propos

Je ne suis pas historien pas plus que je ne suis chroniqueur. Je ne pensais pas un seul instant, devoir un jour, partager par écrit mon analyse et mes souvenirs concernant une improbable fin brutale de la Compagnie multinationale Air Afrique. Je pensais que son histoire avec un grand H, celle de ses futurs succès avérés, serait une apologie écrite par des personnes ayant en la matière, plus de métier et plus de talent que moi.

Après l’action, venant le temps de la réflexion, et ce qui m’a conduit à écrire est, entre autres, le résultat de trois constatations majeures :

– D’abord, depuis la liquidation de la Compagnie, à écouter tous mes interlocuteurs, il semblait incontestable qu’il n’y ait eu à Air Afrique durant sa brève existence, que des agents compétents, tant leurs propos sur les causes de la faillite de la Compagnie semblaient pertinents. Si tel avait été réellement le cas, l’on pourrait alors, à juste titre, se demander pourquoi avec tant de compétences, cette Compagnie avait lamentablement sombré ‘’corps et âmes ’’. La vérité est qu’il y avait des agents compétents, même de très compétents. Ils étaient nombreux mais au fil du temps, ils se sont malheureusement trouvés dilués dans la masse du fait de recrutements de complaisance.

– Ensuite, aux détours de conversations ou d’observations de personnes dites « averties, et bien au fait des questions de transport aérien », je me suis rendu compte qu’il y avait sans doute place pour un son de cloche autre que les sempiternels clichés accablant la seule « gestion de Monsieur Roland-Billecart », clichés unanimement admis et généreusement débités pour tout justifier et tout démontrer. Cela donnait bonne conscience sans frais; la tradition biblique dispensant de toute contrition.

– Enfin et surtout, pour avoir servi 31 ans durant Air Afrique, de Monsieur Cheikh Fall premier Président Directeur Général (PDG), à Monsieur Marcel Kodjo Administrateur Délégué chargé de la liquidation, il m’a semblé utile de livrer ma part de vérité sur ce que je crois avoir été les causes réelles cumulées de notre échec collectif. Trop ou pas assez de choses ont été dites, et il en restera encore à dire.

La première difficulté à laquelle je me suis heurté, a été celle de devoir regrouper pour des besoins de compréhension, des faits qui se sont étalés dans le temps, souvent sur plusieurs années. Ce «compactage» affecte de ce fait la chronologie de la narration telle qu’elle aurait été faite par des historiens attitrés.

La seconde difficulté et non la moindre, a été celle consistant, pour un novice, à narrer et analyser des faits où il se trouve avoir été partie prenante. Il n’est pas aisé de vouloir se comporter en spectateur d’une partie dans laquelle on a été acteur. L’exercice n’est pas facile et je vous donne acte des critiques que cela pourrait susciter.

Enfin, malgré mon application à vouloir rendre compréhensibles certaines notions de l’activité complexe qu’est le transport aérien, je ne suis pas sûr d’avoir réussi à éviter l’utilisation de termes techniques difficiles à traduire en ‘français facile’, ce qui aurait rendu sans doute plus aisée la compréhension de certains passages.

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