YS-11

Première (et seule à ce jour) tentative de retour de l’industrie aéronautique japonaise sur le marché civil, le YS-11 a été conçu par la N.A.M.C (Nihon Aeroplane Manufacturing Company), consortium de 6 firmes japonaises. Bi-turbopropulseur à aile basse prévu pour le transport de 60 passagers, il mesurait 26,2 m pour une envergure de 32 m. Il fit son premier vol le 30 août 1962, équipé de la dernière version du Rolls Royce Dart, moteur fiable qui avait fait ses preuves.Les différentes versions se déclinaient en :

  • Modèle 100 pour 60 passagers, à la masse maximale de 23 500 kg
  • Modèle A-200, également pour 60 passagers, la masse étant portée à 24 500 kg
  • Modèle A-300, le même appareil équipé d’une porte cargo à l’avant de l’appareil pour le transport mixte, (c’est le modèle choisi par Air Afrique)
  • Modèle A 400, uniquement cargo, la porte de chargement étant à l’arrière.

Viendront ensuite les A-500, tout passagers certifiés à 25 000 kg, et A-600 sa version cargo.

Cet excellent appareil qui possédait les mêmes performances que le Viscount quadrimoteur s’est heurté à une forte concurrence : les Fokker 27 et Avro 748. Ceux qui étaient en Afrique au début des années 70 se souviennent des tournées de démonstrations de ces 3 appareils. 182 exemplaires seront construits en 10 ans, dont 82 pour l’exportation.

À la fin des années soixante, le monde est dominé par les deux blocs. Les états nouvellement indépendants cherchent leur voie, beaucoup dans le « non alignement ». Dans ce contexte, se présente l’YS-11 qui est le seul appareil à n’être produit par aucun des deux camps.

Au moment du choix d’Air Afrique pour le remplacement des DC-4 (assurant le service intérieur camerounais), il se disait qu’un projet d’ensemble envisageait la fourniture d’appareils aux compagnies desservant les réseaux intérieurs des états membres. Les forces armées devaient aussi s’en équiper. Malheureusement pour l’appareil japonais, le projet n’aboutit pas. Pire, le Cameroun, seul état fondateur à avoir confié à Air Afrique l’exploitation de son réseau intérieur, décidait en 1972 de quitter la compagnie multinationale. Coté Forces Armées, seule la Force Aérienne Gabonaise reçut 2 puis 3 YS-11 (TR-KIA). En Europe, la compagnie grecque Olympic Airways, à l’époque très liée à la SODETRAF, s’équipa de 10 appareils pour son réseau inter insulaire. Le YS 11 fera une tournée de démonstrations en Afrique au début de 1970, au Gabon.

Air Afrique commanda donc deux appareils de type A-300, version mixte pour exploiter le réseau intérieur camerounais. Les deux avions étaient immatriculés au Gabon, car disait-on, ce dernier s’était porté garant.

Le retrait du Cameroun en octobre 1971, rendant les YS-11 inutiles, les deux appareils furent rétrocédés à Transgabon… qui n’en voulait pas. Le personnel de Transgabon avait assez mal vécu la vente de l’entreprise par J.C. Brouillet au consortium UT-RK. Si sur le terrain cela se passait bien, au niveau des directions il y eut quelques frictions. Un an plus tard, les deux avions rejoignirent la Côte d’Ivoire.

TR-LPG

N° 2089 type A-309

TR-LPG

Il effectue son premier vol le 2 décembre 1968 (JQ2089 ré-immatriculé JA8758). Livré à Air Afrique en 1970, il est immatriculé TR-LPG et ne porte pas de nom. Il est basé à Douala. Le premier vol commercial (RK410) entièrement africain est réalisé le 16 septembre 1970 par Messieurs Tépé, Meyo et Sow Abdoul comme chef de cabine entre Douala et Yaoundé. Le lendemain, l’équipage poursuit sur N’Gaoundéré. Après le retour sur Yaoundé, ce seront ensuite Maroua, Garoua, N’Gaoundéré, Yaoundé et finalement Douala. Fin 1971 il rejoint Transgabon dont il porte les nouvelles couleurs puis est versé à Air Ivoire qui l’immatricule TU-TID. En Mars 1979, il est racheté par All Nippon Airways (JA8756) et retourne au pays. Il effectue son dernier vol commercial le 31 août 1991 et est vendu aux Philippines. Modifié en cargo pur de type 609, il rejoint la flotte d’Aboitiz Air Transport en novembre 1991 (RP-C3201). Il est retiré du service au début des années 2000. Son sort m’est inconnu.

TR-LPJ

N° 2128 type A-309

TR-LPJ

Il prend son envol le 30 octobre 1969 (JQ2128). Prévu initialement pour la compagnie argentine Austral, il est livré à Air Afrique en décembre 1970. Le vol de convoyage depuis le Japon (départ le 5 décembre 1970) est effectué par Messieurs Deckert et Sylla. Guy Hennequin (fils de Jean) est le mécanicien accompagnateur. La quinzaine d’étapes qui conduit l’appareil à Fort-Lamy représente 18 165 km parcourus en 55 h 25 de vol (source Air Afrique Informations). Immatriculé TR-LPJ, il est basé à Douala. Tout comme son compagnon, il rejoint Transgabon fin 1971, puis Air Ivoire en avril 1973 (TU-TIE). En mars 1979, il retourne au Japon (JA8821) chez All Nippon Airways, il est retiré du service en 1991. Il est également transformé en tout cargo – type A-614 – et rejoint les Philippines et la flotte d’Aboitiz Air Transport (RP-C3202) en novembre 1991. Retiré du service dans les années 2000.

Jacques JULIEN

16 comments to YS-11

  • ALAIN VILLARD

    bonjour a tous

    je suis a la retraite et j ai vole sur ys11a tu tid tutie
    de 1972 A 1978 3552 HEURES DE VOL PILOTE AIR IVOIRE UTA
    A+ SI VOUS AVEZ DES PHOTOS ALAIN VILLARD

    • Plazanet

      Bonjour.

      Je suis à la recherche d’un Mr Alain Villard ayant été aux commandes de l’avion d’assistance de René Metge lors du Paris Dakar de 1981.

      jean-Paul Plazanet

  • Hervé Prié

    DE 1973 à 1978, étant détaché d’UTA, j’ai dirigé Air Ivoire en qualité de Directeur général adjoint (le DG était un ivoirien). La flotte d’Air Ivoire était alors composée, entre autres, de deux YS11 cédés par Air Afrique qui les entretenait toujours en son centre industriel d’Abidjan. Immatriculés TU-TID et TU-TIE ces deux avions étaient parfaitement adaptés au réseau d’Air Ivoire, desservant Bouaké, Korhogo, Man, San Pedro, pour l’essentiel. Ces escales n’étaient pas situées en altitude aussi les performances des appareils n’en étaient pas affectées alors que ce n’était pas le cas au Cameroun, à Yaoundé et N’Gaoundéré notamment.Quelques incidents ont parfois perturbé l’exploitation – moteurs (Dart/RollsRoyce) en particulier. Le chef pilote d’Air Ivoire était André Cholley. Que sont devenus ces avions?

  • Alain Durand

    Je me souviens que les DC.4 desservaient l’interieur Camerounais. Par contre, les inter Africains sur FTL, BGF, LBV etaient confies aux DC.6 jusqu’a l’arrivee des Caravelle.

  • J F CATHERINE

    Je n’ai pas de souvenir de DC4 comme étant utilisés pour le trafic camerounais. certes ils le réalisaient (garoua, maroua, yaounde) mais ils allaient largement au delà de ce cadre : Libreville , Port-Gentil, Fort-Lamy, … à partir de la base de Douala. Ces vols , et surtout leurs ‘dégagements’ en escale sont restés l’âge d’or pour les pilotes qui l’ont vécu. Le passage au jet a tout changé.
    Les ys11 ne les remplaçaient donc qu’en partie les dc4.

  • John Evanich III

    DD,

    I have seen those. Believe me, your TransGabon YS-11 is really RARE! I had been searching for (2) years. Thank you for sending it to me. It will be very helpful. If you ever do find anymore, please let me know!

    John Evanich III

  • David Chinaud

    John, yes YS11’s in Transgabon colors are really hard to find ! i just could find draws from a flight simulator, i can send you them via DD if you want
    David

  • John Evanich III

    Does anyone know of a photo of either YS-11’s in TransGabon colors? Have been searching for one but so far…nothing!

    Thanks!
    John Evanich III

  • David Chinaud

    Bonjour,
    j’ai deux photos du TR-KIA des forces aériennes pour ceux que ça intéresse…
    david.chinaud@laposte.net
    David

  • Alain Durand

    La première fois que j’ai vu un YS.11 aux couleurs de RK, c’était en Décembre 70 à Maroua. J’avais bien sur été surpris par l’immat Gabonnaise alors que les avions d’Air Afrique étaient immatriculés en Tango-Uniform, y compris les DC.4 et les DC.6B qui volaient encore sur le réseau intérieur Camerounais. Dommage, je n’étais pas encore un spotter « professionnel » et je ne saurais jamais sur quel YS11 j’ai volé entre Maroua et Douala avec escales à Garoua, N’Gaoundéré et Yaoundé quelques jours plus tard en Janvier 1971 sur l’appareil dont la climatisation fonctionnait à merveille. Je me permets d’ajouter cette précision dans la mesure ou le sister-ship était redouté par les habitués en raison de sa climatisation défaillante.

  • dd

    Je me souviens d’un atterrissage à Fort-Lamy vers 1970 ou 71 d’un YS11A en panne de train… le train avant était-il descendu ? Il n’était pas signalé verrouillé, le CDB Moussa (je crois) avait alerté la tour qui avait alerté l’escale. L’avion avait fait plusieurs passages à basse altitude pour que les mécaniciens avec des jumelles puissent observer si le train était en place ou non. Tout s’était bien terminé par un atterrissage normal.

  • regis boudin

    Bravo Jacques
    impeccable, comme d’hab!

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