DC-3

TU-TCL DC-3

La revue des avions « historiques » d’Air Afrique ne serait pas complète sans le Douglas DC-3 aussi appelé Dakota ou C-47, un appareil mythique qui a équipé toutes les aviations des puissances coloniales, puis les toutes nouvelles compagnies nationales même s’il n’a eu qu’un tout petit rôle dans notre entreprise. Un rôle modeste mais efficace, comme il sied bien à cet appareil, travailleur acharné.

Tel le phénix, le DC-3 a connu plusieurs vies. D’abord une brillante carrière civile dans les années trente suivie d’une carrière militaire importante durant le second conflit mondial. C’est là qu’il gagne son surnom de Dakota. Fin 1945, les 12 000 appareils construits sont démilitarisés et remis sur le marché civil. Le DC-3 ré-équipe toutes les aviations européennes et au milieu des années cinquante, il se retrouve sur les routes aériennes des divers empires coloniaux, participant activement à la naissance des nouvelles compagnies. C’est ainsi qu’on le verra à Transgabon, Air Cameroun, Air Ivoire, Air Sénégal, etc.

Bimoteur à aile basse, long de 19,66 m pour une envergure de 28,96 m, il transportait 28 passagers dans un confort inhabituel pour l’époque, sur une distance de 800 km. Il décollait à la masse de 11,9 tonnes. Les derniers exemplaires ont volé en cargo jusqu’à la fin des années 80, soit 45 ans après le premier vol !

TU-TCL

C47B-DK s/n 25874

Il s’agit d’un C47, version militaire du DC-3 qui appartenait à L’US Air Force (43-48614). Après la guerre il est vendu en Suisse à Alpar (HB-ATU). La vente étant annulée, il est cédé, vers 1948, à une entreprise française STAEO (Société de Transports Aériens en Extrême Orient) qui opère en Indochine (F-BEIU). Cette compagnie est très liée à la COSARA (Société du Comptoir Saïgonnais de Ravitaillement). Il semble qu’il ait volé pour les deux entreprises. Il participe à toute la guerre d’Indochine, dont le dernier épisode, le plan Cognac, pont aérien pour évacuer les populations du Nord vers le Sud après la chute de Dien Bien Phu. En Août 1956, il rejoint la flotte de la nouvelle Air Viet Nam (F-VNBU). Il a alors effectué 10 494 heures de vol. Fin 1958, il a quitté la flotte d’Air Viet Nam. On le retrouve ensuite à Aérotechnique (Aérotec) qui travaille surtout sur les champs pétrolifères du Sahara (F-OBDS). À l’indépendance de l’Algérie, Aérotec est dissoute, notre DC-3 se retrouve à Airnautic compagnie française. (F-BBOS). Il est acheté par Air Afrique en mars 1966. Immatriculé TU-TCL, il est nommé Lomé, je ne pense pas qu’il y ait eu de baptême. Basé à Lomé, il dessert principalement la route vers Cotonou. Il est retiré du service en septembre 1972. Stocké à Dakar, il y a été démantelé.

Petite anecdote que se plaisait à raconter Julien Garcia un se ses pilotes : « Pour Lomé Cotonou, on faisait les pleins complets. En cas de problème, comme la chèvre de Monsieur Seguin, on ne tombait qu’au petit matin ! »

Le site sunudiv.com affiche deux photos de DC-3 : le 6V-AAP d’Air Sénégal et le TU-TIA d’Air Ivoire portant l’inscription Air Afrique. D’après d’autres sources (un grand merci à Jacques Guillem), le TU-TIB d’Air Ivoire, ainsi que les TY-AAB et TY-AAC d’Air Bénin, (ou des forces armées béninoises ?) auraient porté à certains moments les titres Air Afrique. Il s’agit certainement d’affrètements ponctuels, peut-être durant les visites du TU-TCL. Bien évidemment, toutes les informations sont les bienvenues. D’autre part, l’Armée de l’Air sénégalaise avait offert au Centre de formation de Dakar (CEFOPAD) un de ses DC-3 qui a été très sommairement repeint. J’ignore ce qu’il est devenu.

Jacques JULIEN

7 comments to DC-3

  • hurault michel

    mon pere travaillais a air cameroun de 58 a 65 ,et j ai deja une collection de photos de cette societe ,je rechercherais des documents ,photos ,video concernant rene fernand meyer et air cameroun et sur les autres compagnies de mr meyer ,merci

    • JULIEN Jacques

      Hélas, pas grand chose, une mauvaise photo du Constellation d’ Air Cameroun, c’est a peu près tout.Je viens d’écrire pour la revue « le Trait d’Union » (n°285 de février dernier), dans le cadre de l’histoire des DC-8 français civils,une petite histoire des DC-8 de Minerve. Cela reste bien modeste.
      Cordialement,
      J.Julien

  • Alain Durand

    J’ai vu une fois ce DC.3 à Lagos lors d’une escale avec un DC.8 d’UTA.
    Merci encore pour cette nouvelle livraison.

    • hurault michel

      bonjour ,avez vous des documents ,photos ,videos concernant rene fernand meyer et air cameroun ,merci bien entendu tout ce qui est sur ggogle ,je possedes deja

  • JULIEN Jacquesj

    Exact, le maxi take off était supérieur (je ne me suis pas étendu dans la mini présentation de l’appareil). Si je me souviens bien la masse maxi tournait autour de 14t4.(je vais rechercher), mais semble-t-il, à cette masse, il était plus confortable d’avoir les deux moteurs en état. (je me souviens d’un DC-3 de Transgabon qui avait du se délester d’une partie du fret suite à une panne moteur !
    Amicalement

  • Alain Truffaut

    A la vue de cette superbe photo du TU-TCL, c’est un DC-3 « maximisé » (trappes de trains et volets de capots « aérodynamiques »). Il semble me souvenir que la masse maxi décollage des versions maximisées était légèrement supérieure à 12 tonnes. Te souviens-tu de ça Jacques ?

  • Gérard Ponthieu

    Souvenir (vers 1972, compagnie probable : MEA) d’un vol dans le cockpit entre Djibouti et Aden, appuyé contre le poteau central, l’antenne radio remontée à la manivelle… et le survol d’un vol de flamants roses. Inoubliable – la preuve.

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