Boeing 707

  • Air Afrique a eu recours aux Boeing 707 lors de deux périodes :
    • À son début d’exploitation, des B707 ont été loués auprès d’Air France.
    • Plus tard, dans les années 80, des B707 cargo ont été affrétés à diverses compagnies.

Les Boeing 707 d’Air France loués à Air Afrique

Nous allons essayer de conter cette première partie, qui est la naissance de la compagnie multinationale. Il n’est pas aisé de retracer la carrière des B 707 d’Air France loués à Air Afrique. Le temps et les témoins se font rares. Sans doute aussi, prenait-on moins de notes. J’ai recoupé les diverses informations en ma possession avec le remarquable ouvrage du « Trait d’Union » sur les 707 d’Air France. Louis Attenoux et Claude Petit ont fait un excellent travail.

Au départ, il n’y a pas eu d’appareil dévolu à Air Afrique. Les locations se sont faites au « coup par coup ». En examinant les relevés d’heures de vols des appareils, on se rend compte que parfois, un avion était loué pour 14 ou 15 heures, soit une rotation multi-escales sur l’Afrique.

Tous les 707 de « premières générations » d’Air France, ont, à un moment ou un autre, été loués à Air Afrique (à l’exception du F-BHSA, perdu très tôt suite à une sortie de piste).

Le F-BHSB (s/n 17614, f/n 81) a volé pour Air Afrique 15 h en mars 1963 et 191 h entre mai et août 1963.

Les F-BHSC, SD, SE, SF, SG, SH, SI, SJ, SK, SL, SM, SN, SP, SS, ST, SU, ont tous connu des locations à des périodes différentes. Les appareils conservaient leur immatriculation française. Parfois un scotch « AFRIQUE » recouvrait le mot FRANCE, suivi d’un drapeau (sans doute ivoirien). Un Koba figurait sous les hublots de 1ère classe.

Parmi les B 707A d’Air France, 4 ont porté une immatriculation ivoirienne :

Le F-BHSO (s/n 17922 f/n 161) après avoir volé pour RK en juin, entre août et novembre 1962, puis en février 1963 sous registre français, a été frété entre le 17 avril et le 15 mai 1963, avec l’immatriculation ivoirienne TU-TBY. De juin à novembre 63, il a de nouveau volé sous immatriculation française.

Le F-BHSR (s/n 18245 f/n 264) a connu entre août et septembre 1962 (33 h de vol) l’immatriculation ivoirienne TU-TDB ; par la suite il a de nouveau été loué sous registre français.

Le F-BHSQ (s/n 17924 f/n 168) semble avoir porté l‘immatriculation ivoirienne TU-TDC en mai 1964.

Le F-BHSX (s/n18457 f/n 327) a porté deux immatriculations ivoiriennes différentes. Il s’est nommé TU-TXA en mars et TU-TXB en avril 1965.

(On trouve ici, pour la première fois, les immatriculations temporaires ivoiriennes : le X en 4ème lettre.)

Quelques B 707B d’Air France ont ensuite été loués à Air Afrique :

Le F-BHSX (s/n 18457 f/n 327) a effectué 63 heures entre le 17 et le 21 avril 1965 sous l’immatriculation TU-TXB.

Le F-BHSY (s/n 18458 f/n329) s’est nommé TU-TXF en avril 1966 (125 heures 30) et TU-TXJ en mars 1967 (44 heures).

Le F-BHSZ a effectué une rotation en novembre 1965 pour RK, conservant son immatriculation originelle.

Le F-BLCB (s/n18686 f/n360) a porté l’immatriculation TU-TXI en mai 1966 (92 heures de vol) et TU-TXM en avril 1967. Cet appareil a connu une belle carrière africaine, puisqu’il a été cédé à Air Madagascar entre janvier 1973 et mars 1979. Il y effectua environ 17 000 heures de vol. De retour à Air France sous l’immatriculation F-BLLC, il a été vendu en 1983 à Libyan Arab Airlines (5A-DLT), puis en 1986 à la compagnie égyptienne ZAC (SU-DAJ).

Les F-BLCD (s/n18941 f/n471) et F-BLCE (s/n19291 f/n536) ont tous deux connus des locations à RK sous immatriculation française.

À noter que le F-BLCD a été remis au Musée de l’Air du Bourget en avril 1983. Il y est conservé. C’est, à ma connaissance, le seul B707 d’Air France survivant, et surtout, avec le DC-8 F-BIUZ, également conservé au Bourget, les seuls appareils qui ont ouverts les lignes d’Air Afrique.

BOEING 707

Les premiers appareils étaient équipés de réacteurs à simple flux.

4 modèles différents ont été construits. (5 si l’on compte le B720) :

  • La série 120 était une version « domestique » américaine,
  • La série 220 (5 exemplaires pour Braniff) était prévue pour les terrains en altitude d’Amérique du Sud.
  • La série 320, dite intercontinentale qui ne joignait cependant pas Paris à New York directement.
  • Tous ces appareils étaient équipés de Pratt&Whitney JT3D7.

  • La série 420, construite pour BOAC, Lufthansa et Air India volait avec des Rolls Royce Conway.

C’est au cours des essais de cet appareil que BOAC s’aperçut que le 707 avait des problèmes de stabilité lors du décollage. La dérive, trop petite fut dans un premier temps complétée par une quille sous le fuselage. Par la suite, tous les appareils dits « à petite queue » furent modifiés et équipés d’une dérive plus grande, devenant ainsi une « grande queue ». On imagine sans peine toutes les allusions !

Plus tard, volèrent les appareils équipés de turbo réacteurs à double flux (équivalant aux DC-8 séries 50). La version passagers sera dénommée B707B, la version convertible pax/cargo B707C. De ce fait, les premiers 707 se verront appelés 707A.

Jacques JULIEN
(Photos B707 Jean DELMAS)

4 comments to Boeing 707

  • Alain Durand

    Les problèmes de stabilité au décollage ont été mis en épingles par les inspecteurs du British ARB, qui a subordoné l’octroi du certificat de navigabilité Britannique au 707 à la réalisation effective des modif à Renton. BOAC a pu prendre livraison des premiers avions qu’en Avril 1960 pour une mise en service en Mai de la même année. De nombreuses compagnies, y compris Air India et Lufthansa, avaient commencé l’exploitation de leurs premiers 707 depuis plusieurs semaines. Entretemps, BOAC « composait » avec les Britannia et les Comet 4C (!).

  • Alain Durand

    Le 420 a été construit en 37 exemplaires. Outre BOAC, LH et AI, il a trouvé preneur auprès d’EL AL (3 appareils) et Varig (2 avions).

  • DD

    Quelques précisions de Jacques Julien.

    Au début, les Boeing 707 n’étaient pas désignés par des lettres, mais par un nombre (série) précédé d’un tiret. Exemple : B707-100, 200, 300, 400. Les chiffres suivants étaient ce que l’on appelle le N° de client. Bizarrement, Boeing a commencé par le 21 pour Pan Am, 22 pour United, 28 pour Air France( B 707-328), etc.

    Tous ces avions étaient bien sûr équipés de réacteurs à simple flux, comme les DC-8-33 UT et RK. Lorsque les réacteurs à double flux sont arrivés, les B 707 en ont été équipés. Pour les différencier, Boeing les a dénommés B 707B. Ils étaient l’équivalent des DC-8-50. (Nombre des premiers B 707 – comme des DC-8 – ont été remotorisés et sont devenus des B 707B).

    Par la suite, le B707 convertible pax/fret est sorti et a été nommé B 707C (pour Convertible). Plus tard, ce fut le cargo nommé F pour Freighter.

    Tout cela indépendamment des séries (même si la série 300 fut pratiquement la seule à être équipée de double flux), et bien sûr des n° de clients (voir le B 747 pour le numéro de client Air Afrique).

    L’usage a donc fait, au fil du temps, que les premiers B707 à simple flux furent dénommés B 707A. Il ne s’agit pas d’une dénomination officielle, mais maintenant, pratiquement tout le monde l’utilise.

    À sa création, Air Afrique a affrété tous les B 707 d’Air France qui étaient des appareils à simple flux, et très peu d’appareils plus modernes (à l’époque) qu’étaient les B 707B.

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