Une sous-direction d’Air France ?

Le chapitre VIII.4, Une sous-direction d’Air France décentralisée à Abidjan ? n’était pas complètement terminé. Je viens de le mettre à jour, aussi, pour ceux qui l’auraient déjà lu, le texte supplémentaire se trouve ci-dessous. Vous avez donc la possibilité d’y retourner pour lire les ajouts dans leur contexte ou bien d’en prendre connaissance directement, ici-même.

Aucune des dispositions stratégiques ainsi acceptées par la compagnie dans le cadre de la politique du code share avec Air France n’a conduit « subséquemment » à l’examen des problèmes commerciaux inévitables qui se poseraient à Air Afrique ni sur ses autres vols long-courriers non en code share, ni sur ses vols inter-états africains. À la lumière de la charte qualité des vols Air France, (donc de ceux avec Air Afrique en code share), examinons quelques exemples de problèmes évidents qui resteraient sans solution pour notre compagnie :

– En cas de non embarquement d’un passager réservé du fait de la compagnie, celui-ci était hébergé puis percevait une prime de 100 euros ou plus selon sa classe de voyage et était embarqué en priorité sur le vol du lendemain ; Air France avait un vol tous les jours, Air Afrique pas.

– En cas de retard supérieur à 6 heures, chaque passager était hébergé, et pouvait percevoir une prime en fonction de la durée réelle du retard selon sa classe de voyage.

– En cas de non livraison de son bagage à l’arrivée d’un vol, le passager concerné recevait une prime de première nécessité de 100 Euros ou plus selon sa classe de voyage, et le bagage à sa récupération lui était livré à domicile. Nous savions tous qu’Air Afrique n’avait pas les moyens de satisfaire une seule de ces clauses de qualité, même sur les vols en code share, à fortiori sur l’ensemble de son programme, et pourtant…

En attendant, et faute de paiement des créances, les dégâts financiers entraînés par l’option de mettre la charrue avant les bœufs, ont abouti à la saisie progressive par les créanciers et les assureurs-crédits, de certains des avions en location. D’abord en mai, ensuite en juillet 2000, les créanciers ont repris le Boeing 737 puis l’A-310.

Alors que la flotte se réduisait comme peau de chagrin, et que nous aurions tout à gagner à faire la politique de nos moyens en attendant des jours meilleurs, nous nous sommes acharnés puis avons fini par nous discréditer à vouloir poursuivre l’exploitation d’un programme qu’à l’évidence, nous ne pouvions tenir qu’au détriment de sa qualité et de sa régularité. Comme résultat de cet acharnement, la Compagnie eut à gérer un programme de vol erratique qui n’avait de « régulier » que notre entêtement à vouloir affubler de ce qualificatif convenu, ce qui était notre activité transport passagers.

Chaque jour apportait son anecdote :

– Un vol devait partir de Paris sans repas à bord pour cause de factures impayées chez SERVAIR notre prestataire. Cette situation inacceptable et humiliante pour le personnel navigant a conduit la chef de cabine dudit vol, à prélever sur ses propres deniers, environ 500 euros pour acheter au free-shop, des provisions et des boissons pour les passagers de « son » vol Paris N’Djamena Brazzaville.

– Un passager sénégalais, haut cadre et très attaché à « sa » Compagnie, fortuitement informé de ce qui retardait anormalement son vol en transit, avait spontanément offert sa carte de crédit pour permettre à l’équipage de régler le carburant que les pétroliers à l’escale de Banjul refusaient de fournir faute de paiement au comptant.

– Un commandant de bord effectuant le vol Abidjan Dakar New York exigea à la fin de l’embarquement des passagers à Abidjan, que la Compagnie s’engage à lui remettre sur ses arriérés de salaires, une avance de deux millions de francs CFA cash et en espèces lors de son transit à Dakar, faute de quoi il refuserait de poursuivre la rotation.

– Alors que les salaires du personnel accusaient des retards de plus en plus importants (pas pour tout le monde), les mutations de complaisance, les promotions internes, et surtout les missions dont certaines parfaitement insolites continuaient.

Citons pêle-mêle :
– la mission de 9 jours de 5 cadres inspecteurs chargés de l’exploitation, de l’administration du personnel et des finances, à Bissau rattaché au Marché Sénégal, escale desservie uniquement par 1 vol hebdomadaire, pour y « inspecter » 2 agents statutaires et 4 agents temporaires ;
– une mission pluridisciplinaire de 5 cadres à Bangkok pour le choix du type de vidéo à installer à bord des futurs avions de la flotte,
– ou cette autre mission conduite par un Directeur dans plusieurs États, pour y présenter aux autorités… « la maquette avec la livrée extérieure » des futurs avions de la flotte.

Cerise sur le gâteau, le directeur financier et son adjoint venant à Dakar pour la même mission, bien que réservés dans le même hôtel, parce qu’ils n’arrivaient pas sur le même vol, ont demandé et obtenu pour chacun d’eux qu’une voiture avec chauffeur leur soit louée.

Nous étions ridicules et inconscients !

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